mercredi 2 novembre 2016

Ma couleur préférée est le rouge

Ça semble si simple.

C'est même une question qu'il m'arrivait d'intégrer dans mon questionnaire 100 questions à poser à une fille que tu as envie de cruiser. Je sais, c'est un pathétique cliché. Mais ça marche.

Pour en revenir à ma couleur préférée, j'ai jamais vraiment pris le temps de m'arrêter et de me poser la question. C'est comme ça dans plusieurs sphères de ma vie. Je ne me consulte pas. Je suis systématiquement portée à demander l'avis de quelqu'un d'autre.

Une petite voix me chuchote que l'autre doit mieux savoir ce qui est bon pour moi. Je ne suis pas dépendante. Je suis insécure. Je n'ai pas suffisamment confiance en moi. Confiance en mes capacités. En mes qualités. En la force qui sommeille en moi. Parce que je le sais qu'elle est là. Elle se pointe le bout du nez une fois de temps en temps, surtout en contexte d'intoxication volontaire. Comme ce soir.

Dans les prochaines semaines, 3 pour être exactes, je déménage. Ma vie a tellement changée dans les derniers mois que j'ai de la misère à suivre le rythme : séparation, garde complète de 2 pitous, déménagement partiel et complet de mon ex, Snow qui a voulu dévorer un porc-épic, vente de la maison, achat d'une autre maison, déménagement à préparer. Je suis constamment à bout de souffle. Je commence à faire de l'insomnie.

Je suis responsable de bâtir la vie dont j'ai envie. Pour la première fois de ma vie, je suis une femme adulte célibataire. Par choix. La première fois que la Nancy 2.0 est mise à l'épreuve sans le filet de sécurité d'avoir une blonde.

Ce soir, j'ai envie de m'encourager. J'ai envie de ME lancer des fleurs. De me dire que je me débrouille bien, que depuis la séparation en juillet, je me suis relevée les manches à plusieurs reprises et que j'ai botté des culs! J'ai eu la force et l'humilité de demander de l'aide et j'ai eu la chance de la recevoir. J'ai affronté mes peurs de souffrir si j'étais seule et j'avance. J'ai la chienne à chacun de mes pas, mais j'avance. Je prends graduellement conscience de qui je suis, de ce que je veux dans la vie. Je m'approprie mes choix de vie, plutôt que de me laisser bercer par ceux des autres. Ou par le hasard. Je CHOISIS et je dessine le tableau de ma vie. 

Je réalise que je me projette peu dans l'avenir parce que je n'ai aucune idée de ce que je veux, au moment présent. Comment pourrais-je rêver de mes plus grandes ambitions, si je ne sais même pas quelle est ma couleur préférée? J'ai une gourde rouge, un char rouge, un laptop rouge, un speaker rouge, une paire de pantalon rouge etc... Si on additionne, tous les indices sont pourtant là. 

C'est comme si j'allais à la rencontre de ma personnalité. Comme si je prenais lentement conscience de mon essence, qui s'échappe tranquillement des grippes castrantes de mon cerveau. Je découvre des facettes de moi... En fait, je porte attention. Plutôt que de fixer mon attention à combler les besoins de quelqu'un d'autre, je tente de combler les miens. Je les découvre au fur et à mesure et parfois très maladroitement. Mais je me risque. Plutôt que de dire "non", j'essaie de dire "oui". De sortir de ma zone de confort, de lâcher du lousse à la vie et de voir où ça me mène.

Ça donné une photo de mon body dans une robe noire en PVC, avec des fuck-me-heels dans les pieds. Ça donné l'achat d'une maison de 800 pi2 et le choix assumé de vivre plus simplement. Ça donné de la bavette de boeuf et du phone sex avec une collègue (no fetichism involved between red meat and sex....). 

Bref, je m'égare...

Tout ça pour vous dire que je me déploie, tranquillement. Que j'apprends à me connaître et à m'habiter. Que je gagne en assurance à chacune des étapes que je franchis, même si c'est en boitant. Je sais que je vais y arriver. Que je vais passer au travers de la tempête et que je vais être fière de moi quand le calme va être revenu. Pour l'instant, le bateau tangue en criss. Mais ça va passer, Et, dans quelques semaines, je vais prendre mon café matinal, dans ma nouvelle maison, je vais regarder amoureusement mes deux filles assoupies près de la cuisinière à bois, et je vais me passer la réflexion que ma vie est parfaite parce que c'est moi qui l'aura choisie.


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