Selon Young (google "théorie des schémas"), paraît
qu'on a tous des schémas. Chez moi, celui qui domine est la Recherche
d'approbation.
"Ce schéma est caractérisé par une valorisation dans
l’obtention de l’approbation et de la reconnaissance des autres, au détriment
du développement d’une identité sécure et authentique. L’estime personnelle
dépend ici des autres plutôt que de sa propre évaluation. "
Depuis toujours, je me sens fragile, insécure et peu
confiante de ma propre valeur. Dépendante des autres et de la valorisation
qu'ils me procurent. Ce n'était pas que j'aimais me faire flatter dans le sens
du poil, j'en AVAIS BESOIN pour croire en moi. Incapable de le faire par
moi-même.
Et, quand je suis en couple, j'adopte les intérêts de
l'autre, je cesse d'investir les miens. Je m'éteins tranquillement, sans même
le vouloir. Et, à un moment donné, j'ai FAIM. Faim de passion, de vibrer de
joie et de bonheur à faire les choses que j'aime. Je suis à sec. Comme une
plante flétrie. Je me faisais violence parce que j'avais l'intime
conviction que je devais me mouler à l'autre, pour être aimé.
Pourtant, dans les 15 dernières années, je n'ai jamais cessé
d'être en relation, officielle ou espérée. Je n'ai jamais passé plus de
quelques semaines "célibataire".Je ne pensais même pas à la
possibilité d'être seule, je me ruais sur les opportunités qui se succédaient.
Ne prenant jamais véritablement le temps d'apprendre à me connaître par
moi-même, plutôt que par le regard des autres.
Il y a maintenant 2 mois, je débutais le processus compliqué
de la séparation amoureuse à l'âge adulte avec hypothèque et comptes conjoints!
La première semaine, j'étais une larve alcoolique déprimée. La deuxième
semaine, j'ai commencé à me relever de l'uppercut que je venais de recevoir.
Et j'ai commencé à ressentir une drôle d'émotion : du
soulagement.
Du fucking soulagement. Et sa cousine laide, la culpabilité.
J'étais soulagée de la fin de ma relation ET je me sentais tellement coupable
de l'être.
À l'époque, je regardais des films avec la fille dont je
parlais dans le dernier billet. Elle m'a fait découvrir "How to be
single" et ça m'a frappé comme on lutte un chevreuil sur la 117. De plein
fouet et avec éclaboussures de sang pis touffes de poils dans le grillage du
char!!
Dès que j'ai compris que j'avais l'opportunité d'aller à la
rencontre de MOI, plutôt que de rechercher un autre personnage à incarner pour
l'amour d'une autre fille, j'ai commencé à me sentir solide. Vivante. Vibrante.
Je venais de me choisir. Je venais de prendre la décision de partir en
expédition avec moi, peu importe les tempêtes ou les sirènes que j'allais
rencontrer.
Les 2 premières semaines ont été infernales. Choisir la
solitude pendant une couple d'heures, une fois aux 2 semaines, y'a rien là.
Être seule, à la maison, à temps plein, a permis à la réalité de s'inviter.
C'était beau en théorie, ma décision new-age d'expédition de croissance
personnelle, mais les premiers jours, c'était de la marde! Je tournais en rond
et je me suis développée une addiction aux réseaux sociaux pour occuper le
vide.
Heureusement, les événements m'ont forcé à me botter le cul.
J'ai souvent dit à ma psy que je me sentais prise dans une
cage (métaphoriquement, Jess!!). Que j'avais le coeur embarré. Même avant la
séparation, cette bête-là a commencé à s'agiter. À vouloir défoncer les
barreaux. À respirer. À vouloir être libre.
La séparation a fait exploser la cage. La bête a été sonnée
pendant quelques semaines, mais elle rugit plus que jamais. Dans toutes les
sphères de ma vie, elle s'active et me donne la puissance et la confiance qui
me manquaient pour foncer, comme je veux le faire. J'apprends à l'apprivoiser.
À la laisser s'exprimer sans contrainte, à la trouver belle dans ce qu'elle me
fait vivre. J'apprends à tripper seule, à apprécier chaque instant de la façon
dont je le veux.
Tranquillement, y'a un arbre qui pousse en dedans de moi :
celui d'une estime personnelle forte, indépendante, confiante. Et ses racines
sont profondes et puissantes.