jeudi 19 octobre 2017

Detox

Je suis assise devant mon ordinateur à essayer de mettre en mots ce que je vis. Ce que j'ai ressenti pour toi et ce que je ressens aujourd'hui. Et j'y arrive pas.

Ça sert à rien de raconter ce qui s'est passé, essayé d'expliquer pourquoi ça pas marché. Je suis même pas certaine que j'y arriverais, anyway. Pour quelqu'un qui se vante d'être habile avec les mots, ça se congestionne dans ma gorge, au bout de mes doigts. Je me sens terriblement vide et impuissante depuis que t'es plus là.

T'as été un ras-de-marrée dans ma vie.
Tu m'as enveloppée, submergée puis engloutie.
T'as tout ravagé sur ton passage.

Je te sens encore en dedans de moi et ça me tord en deux.
Je m'haïs de t'espérer quand une voiture se pointe dans ma rue.

Les journées s'égrainent douloureusement et ça me demande tout mon petit change pour te résister. Pour te garder à distance. Ma propre détresse est attachée en laisse. Je me l'autorise pas. Je peux pas me permettre de souffrir de ton absence. Sinon, c'est trop fort. Ton champ magnétique m'aspire violemment et je dois nager à contre-courant avec désespoir, contre moi, pour en ressortir.

J'attends impatiemment que le temps te purge de mon système. Parce que je te sens encore dans chaque recoin, je t'entends dans chaque hésitation, je t'imagine dans chaque soupir. Mon corps et mon cœur te réclament sauvagement. Mais je lutte. Inlassablement.

Je le sais que c'est pour le mieux. En tout cas, je travaille crissement fort pour m'en convaincre.

Parce que, toi et moi, on est toxiques l'une pour l'autre.
C'est pas plus ma faute que la tienne.
On s'imbrique parfaitement pour se détruire.

dimanche 27 novembre 2016

Dimanche : le premier et le dernier

Mon lit est encore chaud de ta présence dedans. L'oreiller porte encore ton odeur. Mon corps aussi.

J'ai aucune idée d'où ça sort ni ce que ça veut dire, mais le courant passe entre nous, aussi fort qu'une ligne à haute tension.

"Je le sais que ton corps est nouveau pour moi, mais je sens que je le connais déjà."

Même quand les mots t'échappent, tu trouves les bons. Une excitante découverte, enrobée d'un étrange sentiment de familiarité.

Ça me rentre pas dans la tête, comment c'était facile. Ça m'a rentré dans le corps, par exemple! J'en tremble encore...

Entourée de souvenirs de toi, je suis émerveillée par le dessein de la Vie. Everything happens for a reason.. ou, comme je t'ai dit plusieurs fois durant la nuit.. "C'était quoi les chances?"..

Tu me renverses, de tellement de manières!

Couchée dans mon lit, je me passe la réflexion que c'est mon dernier dimanche matin, ici. Et j'aurais pas pu espérer mieux que de me réveiller avec toi :)

mercredi 2 novembre 2016

Ma couleur préférée est le rouge

Ça semble si simple.

C'est même une question qu'il m'arrivait d'intégrer dans mon questionnaire 100 questions à poser à une fille que tu as envie de cruiser. Je sais, c'est un pathétique cliché. Mais ça marche.

Pour en revenir à ma couleur préférée, j'ai jamais vraiment pris le temps de m'arrêter et de me poser la question. C'est comme ça dans plusieurs sphères de ma vie. Je ne me consulte pas. Je suis systématiquement portée à demander l'avis de quelqu'un d'autre.

Une petite voix me chuchote que l'autre doit mieux savoir ce qui est bon pour moi. Je ne suis pas dépendante. Je suis insécure. Je n'ai pas suffisamment confiance en moi. Confiance en mes capacités. En mes qualités. En la force qui sommeille en moi. Parce que je le sais qu'elle est là. Elle se pointe le bout du nez une fois de temps en temps, surtout en contexte d'intoxication volontaire. Comme ce soir.

Dans les prochaines semaines, 3 pour être exactes, je déménage. Ma vie a tellement changée dans les derniers mois que j'ai de la misère à suivre le rythme : séparation, garde complète de 2 pitous, déménagement partiel et complet de mon ex, Snow qui a voulu dévorer un porc-épic, vente de la maison, achat d'une autre maison, déménagement à préparer. Je suis constamment à bout de souffle. Je commence à faire de l'insomnie.

Je suis responsable de bâtir la vie dont j'ai envie. Pour la première fois de ma vie, je suis une femme adulte célibataire. Par choix. La première fois que la Nancy 2.0 est mise à l'épreuve sans le filet de sécurité d'avoir une blonde.

Ce soir, j'ai envie de m'encourager. J'ai envie de ME lancer des fleurs. De me dire que je me débrouille bien, que depuis la séparation en juillet, je me suis relevée les manches à plusieurs reprises et que j'ai botté des culs! J'ai eu la force et l'humilité de demander de l'aide et j'ai eu la chance de la recevoir. J'ai affronté mes peurs de souffrir si j'étais seule et j'avance. J'ai la chienne à chacun de mes pas, mais j'avance. Je prends graduellement conscience de qui je suis, de ce que je veux dans la vie. Je m'approprie mes choix de vie, plutôt que de me laisser bercer par ceux des autres. Ou par le hasard. Je CHOISIS et je dessine le tableau de ma vie. 

Je réalise que je me projette peu dans l'avenir parce que je n'ai aucune idée de ce que je veux, au moment présent. Comment pourrais-je rêver de mes plus grandes ambitions, si je ne sais même pas quelle est ma couleur préférée? J'ai une gourde rouge, un char rouge, un laptop rouge, un speaker rouge, une paire de pantalon rouge etc... Si on additionne, tous les indices sont pourtant là. 

C'est comme si j'allais à la rencontre de ma personnalité. Comme si je prenais lentement conscience de mon essence, qui s'échappe tranquillement des grippes castrantes de mon cerveau. Je découvre des facettes de moi... En fait, je porte attention. Plutôt que de fixer mon attention à combler les besoins de quelqu'un d'autre, je tente de combler les miens. Je les découvre au fur et à mesure et parfois très maladroitement. Mais je me risque. Plutôt que de dire "non", j'essaie de dire "oui". De sortir de ma zone de confort, de lâcher du lousse à la vie et de voir où ça me mène.

Ça donné une photo de mon body dans une robe noire en PVC, avec des fuck-me-heels dans les pieds. Ça donné l'achat d'une maison de 800 pi2 et le choix assumé de vivre plus simplement. Ça donné de la bavette de boeuf et du phone sex avec une collègue (no fetichism involved between red meat and sex....). 

Bref, je m'égare...

Tout ça pour vous dire que je me déploie, tranquillement. Que j'apprends à me connaître et à m'habiter. Que je gagne en assurance à chacune des étapes que je franchis, même si c'est en boitant. Je sais que je vais y arriver. Que je vais passer au travers de la tempête et que je vais être fière de moi quand le calme va être revenu. Pour l'instant, le bateau tangue en criss. Mais ça va passer, Et, dans quelques semaines, je vais prendre mon café matinal, dans ma nouvelle maison, je vais regarder amoureusement mes deux filles assoupies près de la cuisinière à bois, et je vais me passer la réflexion que ma vie est parfaite parce que c'est moi qui l'aura choisie.


vendredi 23 septembre 2016

Se reconnecter

Selon Young (google "théorie des schémas"), paraît qu'on a tous des schémas. Chez moi, celui qui domine est la Recherche d'approbation.

"Ce schéma est caractérisé par une valorisation dans l’obtention de l’approbation et de la reconnaissance des autres, au détriment du développement d’une identité sécure et authentique. L’estime personnelle dépend ici des autres plutôt que de sa propre évaluation. "

Depuis toujours, je me sens fragile, insécure et peu confiante de ma propre valeur. Dépendante des autres et de la valorisation qu'ils me procurent. Ce n'était pas que j'aimais me faire flatter dans le sens du poil, j'en AVAIS BESOIN pour croire en moi. Incapable de le faire par moi-même.

Et, quand je suis en couple, j'adopte les intérêts de l'autre, je cesse d'investir les miens. Je m'éteins tranquillement, sans même le vouloir. Et, à un moment donné, j'ai FAIM. Faim de passion, de vibrer de joie et de bonheur à faire les choses que j'aime. Je suis à sec. Comme une plante flétrie. Je me faisais violence parce que j'avais l'intime conviction que je devais me mouler à l'autre, pour être aimé.

Pourtant, dans les 15 dernières années, je n'ai jamais cessé d'être en relation, officielle ou espérée. Je n'ai jamais passé plus de quelques semaines "célibataire".Je ne pensais même pas à la possibilité d'être seule, je me ruais sur les opportunités qui se succédaient. Ne prenant jamais véritablement le temps d'apprendre à me connaître par moi-même, plutôt que par le regard des autres.

Il y a maintenant 2 mois, je débutais le processus compliqué de la séparation amoureuse à l'âge adulte avec hypothèque et comptes conjoints! La première semaine, j'étais une larve alcoolique déprimée. La deuxième semaine, j'ai commencé à me relever de l'uppercut que je venais de recevoir.

Et j'ai commencé à ressentir une drôle d'émotion : du soulagement.

Du fucking soulagement. Et sa cousine laide, la culpabilité. J'étais soulagée de la fin de ma relation ET je me sentais tellement coupable de l'être.

À l'époque, je regardais des films avec la fille dont je parlais dans le dernier billet. Elle m'a fait découvrir "How to be single" et ça m'a frappé comme on lutte un chevreuil sur la 117. De plein fouet et avec éclaboussures de sang pis touffes de poils dans le grillage du char!!

Dès que j'ai compris que j'avais l'opportunité d'aller à la rencontre de MOI, plutôt que de rechercher un autre personnage à incarner pour l'amour d'une autre fille, j'ai commencé à me sentir solide. Vivante. Vibrante. Je venais de me choisir. Je venais de prendre la décision de partir en expédition avec moi, peu importe les tempêtes ou les sirènes que j'allais rencontrer.

Les 2 premières semaines ont été infernales. Choisir la solitude pendant une couple d'heures, une fois aux 2 semaines, y'a rien là. Être seule, à la maison, à temps plein, a permis à la réalité de s'inviter. C'était beau en théorie, ma décision new-age d'expédition de croissance personnelle, mais les premiers jours, c'était de la marde! Je tournais en rond et je me suis développée une addiction aux réseaux sociaux pour occuper le vide.

Heureusement, les événements m'ont forcé à me botter le cul.

J'ai souvent dit à ma psy que je me sentais prise dans une cage (métaphoriquement, Jess!!). Que j'avais le coeur embarré. Même avant la séparation, cette bête-là a commencé à s'agiter. À vouloir défoncer les barreaux. À respirer. À vouloir être libre.

La séparation a fait exploser la cage. La bête a été sonnée pendant quelques semaines, mais elle rugit plus que jamais. Dans toutes les sphères de ma vie, elle s'active et me donne la puissance et la confiance qui me manquaient pour foncer, comme je veux le faire. J'apprends à l'apprivoiser. À la laisser s'exprimer sans contrainte, à la trouver belle dans ce qu'elle me fait vivre. J'apprends à tripper seule, à apprécier chaque instant de la façon dont je le veux.

Tranquillement, y'a un arbre qui pousse en dedans de moi : celui d'une estime personnelle forte, indépendante, confiante. Et ses racines sont profondes et puissantes.



mercredi 17 août 2016

Le mur

C'était pas vrai : y'en avait une Autre.
Cette Autre, c'était toi.

J'ai jamais été en amour avec toi, j'ai jamais même été proche de me poser la question.
J'avais juste envie de toi. De te conquérir. Que tu perdes le contrôle et que tu te donnes à moi. Je voulais gagner.

This is what I do.

Je voulais sentir ton corps trembler sous mes mains, ton souffle se perdre.T'entendre soupirer "fuck it" encore une fois, alors que ma bouche explore ton corps. Que tu en redemandes.

This is what I wanted.

C'était l'fun, au début. Délicieux et interdit. Tu trippais à flirter avec moi et je trippais parce que t'étais un osti de beau challenge.

Mais, comme un yogourt passé date, ça a mal viré. Et, plutôt que de retirer mes billes, je me suis entêtée. Prise dans le tourbillon de ma vie qui foutait le camp, je pouvais pas me résoudre à perdre. À échouer. À me priver du rush que tu me donnais.

J'ai poussé. T'as reculé. Depuis ce temps-là, c'est pu pareil. Je le sens. Tu le sais. On s'en parle, même.

Mais j'arrive pas à fermer les livres. À renoncer à ce désir que j'éprouve pour toi. À cette savoureuse attirance qui demeure et avec laquelle tu t'amuses encore, quand tu veux t'allumer pour quelqu'un d'autre.

J'ai jamais senti que tu me désirais. Tu ne me l'as jamais confirmé, pas de la façon dont j'avais besoin de l'entendre. Peu importe que tu m'envoies une photo de toi, nue, en dessous de ta chemise. Je suis une fille de mots. Et les mots, tu ne les as jamais dit.

"I have no desire for you"

Ceux-là, tu les as dit. Quand je t'ai demandé de le faire, aujourd'hui.

Je m'en fous si c'est vrai ou pas. Si tu mens ou si tu es soulagée. J'ai besoin de croire que c'est vrai, que tu ne ressens aucun désir pour moi, pour être capable de passer à autre chose.

Parce que ton mur, je le frappe fréquemment depuis quelques semaines. J'ai mal partout, à force de m'enfarger dans ton indifférence ponctuelle ou d'attendre, en vain, une autre de tes bulles où t'as envie de flirter avec moi. Où tu alimentes le mirage de ce que ça aurait été de coucher avec moi, tout en détruisant, du même souffle, tout espoir que ça arrive un jour.

J'abandonne. Je me déclare vaincue.

mardi 16 août 2016

Prélude plate, mais nécessaire



Tout d'abord, permettez-moi de vous souhaiter la bienvenue, pour les nouveaux. Pour les autres, welcome back : I've missed you! :)

Pour ceux et celles qui m'ont déjà lu, vous avez peut-être le vague souvenir que ma première (et dernière) expérience de blog s'est terminée... abruptement. Trahie, humiliée, sanctionnée et censurée. Par Big Brother et la hantise de la Une publique.

Depuis ce temps, mon clapet virtuel s'est soudé. Ma créativité s'est fait torpillée et mon rapport à l'écriture s'est empoisonné. Pendant plusieurs années, je me suis empêchée d'écrire, pour faire un "fuck you" enfantin à Big Brother ("Tant qu'à me faire dire qu'est-ce que j'ai le droit d'écrire, j'écrirai pas pentoute, BON!"). 

Sauf que je me suis privée du moyen de m'exprimer qui me fait vibrer, qui me permet de plonger au fond de moi, qui m'alimente et me faire sentir vivante. Pour me connaître, Écrire. Pour apprendre à m'aimer, me faire lire. 

Aujourd'hui, je choisis d'assumer. Et de faire un vrai "fuck you" à Big Brother. Mais le genre de "fuck you" sécuritaire qu'on fait quand l'autre a le dos tourné. 

Ainsi, pour que ce blog demeure public, je devrai me soumettre à deux contraintes. Et vous devrez vous y soumettre aussi. Sinon, je devrai restreindre l'accès à mon blog et ça serait une tragédie pour l'Univers :
  1. Ne jamais révéler le nom de mon employeur ou des détails permettant de le faire, si on a un brin d'intelligence.

    Ex : Je travaille pour une organisation dont le grand patron serait un distant cousin de Narcisse.

  2. Ne pas écrire, même si c'est un mensonge, que je m'adonne à une activité sanctionnée par le Code Criminel, le Code de la sécurité routière, la Bible, les Lois de la FIFA, le Code d'éthique des Scouts, etc.
Je n'hésiterai pas à effacer ou à modifier des commentaires, advenant que ces contraintes ne soient pas respectées.

Ceci étant dit, une forte partie de moi a envie de me transformer en Mike Ward et de crier à la CENSURE, à l'atteinte directe à ma LIBERTÉ D'EXPRESSION. Mais, puisque je suis chicken, je vais plutôt dire que c'est ma psy qui m'a formellement recommandé de ré-ouvrir un blog, comme stratégie d'adaptation. Big Brother, si tu n'es pas content de ce que tu lis, appelle ma psy pis mange de la marde!

I'M BACK!

Bonne lecture! :)